Le méchant monstre et moi.

Publié le 21-10-2016

La chronique de "Madame tout le monde"                                                                             1ère Publication

 

 

Mais qui est "Madame tout le monde" ?

C'est une femme, un homme ou peut-être un(e) adolescent(e) avec des forces et des faiblesses, c'est vous, c'est moi... En bref, "Madame tout le monde" c'est nous tous.  Elle est en quête permanente de bonheur.

 

J'ai réalisé à quel point j'aimais écrire.

Nous sommes vendredi soir et j'ai rencard avec moi. Vous savez ce genre de soirée où vous êtes seule avec vous-même et où vous décidez de faire ce qu'il vous plait. J'ai donc décidé de me lancer à nouveau dans l'écriture pour vous transmettre certaines de mes inspirations et quelques points théoriques orientés "bien-être".

C'est un plaisir d'écrire sur un sujet qui nous anime en se disant que peut-être, certains d'entre vous pourront s'identifier à ces quelques mots sans prétention.

 

Ce soir et pour sa première publication, je serai moi-même "Madame tout le monde".

 

Je souhaite ainsi vous confier mon expérience qui concerne ma période "chômage". En effet, elle fait partie de moi et a nettement contribué à ce que je suis aujourd'hui. Le chômage est une épreuve. Cette situation est très souvent appréhendée sous un angle économique et social. Pour ma part, la contribution sera d'ordre psychologique.

 

Enfin, je suis persuadée que ce partage pourra très bien s'adapter à votre situation si vous avez connu ou si vous connaissez un "licenciement", un "reclassement", une "fin d'étude pleine de doutes"... et de façon plus large un "Burn out". Leurs points communs résident dans le sentiment de dévalorisation, dans le manque de stimulation et dans l'absence totale de projection.

 

 

Mon expérience passée :

Dès mon premier jour de chômage, j'ai su que j'entrais dans une nouvelle phase dans laquelle j'allais devoir faire preuve de  courage, de remises en question et de motivation. Une petite voix m'a soufflé : "tu vas être ton propre ennemi, tu entres dans une lutte avec toi-même". Dans le langage psychologique, on explique cette pensée par l'expression d'un conflit intérieur entre le "Moi" et le "Soi".  

Mon égo n'aimait pas ça !  "Moi au chômage après toutes ces années d'études ?" Suivi d'un "Qu'est-ce que j'ai fait pour mériter ça ?"  Pour finir par un "Que vais-je faire demain quand tout le monde sera au travail ?".

Bonjour la victimisation, bienvenue le sentiment d'insécurité, la lutte a bel et bien commencé ! Mon "petit gendarme intérieur" était décidé à me tester et à me déstabiliser.

 

Et pourtant aujourd'hui je peux dire : Merci chômage, oh oui je te remercie ! Je pourrais également dire : "un mal pour un bien".

 

Ceux qui ont connu cette épreuve ne seront pas étonnés de savoir que j'ai fini par personnaliser la situation :

Oui, le chômage était vivant !! C'était un monstre, méchant, gris, fort, un adversaire redoutable.  

Et si le chômage était un méchant monstre, moi j'étais de toute évidence une petite fille effrayée. 

 

Puis arrive la rencontre avec notre deuxième ennemi : les autres.

Socialement, nous avons l'étiquette du chômeur, celui qu'on envie parce qu'il n'entendra pas son réveil sonner le lendemain et qui peut bien faire les choses ingrates puisqu'il a le temps.

Lors de nouvelles rencontres et du fameux tour de table à la française : "Salut et toi, tu fais quoi dans la vie ?" . Le but du jeu consiste alors à dédramatiser le chômage en ayant l'air totalement serein. Pour certains, ce sera le parfait moment de se réfugier dans l'humour en pensant garder le contrôle. 

SAUF QUE... cette capacité théâtrale décroit au fur et à mesure des mois qui passent. Un peu comme si on avait plus la force de mentir, d'avoir "l'air bien", plus la force d'y croire. C'est l'affaiblissement de l'égo, force est de constater qu'il va mal, très mal.

 

Enfin, ce ne serait pas drôle sans un troisième ennemi : l'ennui !

L'avez-vous déjà connu celui-ci ? Il est féroce !

Apprendre à appréhender le temps qui passe, à créer un rythme non imposé et surtout apprendre à se tenir compagnie en devenant son ami.

 

Ce fut certainement l'expérience la plus enrichissante et constructive de ma vie.

Privés de tout train train routinier rassurant, vous êtes lâchés dans la gueule du loup et le loup c'est vous, bouuuhh !

 

Ce passage obligatoire permet la connaissance de Soi et contribue activement au développement de la maturité.

 

Pour ma part, j'ai eu l'occasion de m'investir dans certaines activités, d'identifier des passions naissantes et d'accéder à des parties de moi encore inconnues jusque-là... je me surprenais à faire connaissance chaque jour un peu plus avec moi-même et je commençais même à y prendre du plaisir. 

 

Je me suis remise en question, j'ai revu une centaine de fois mon CV en m'imaginant à la place d'un employeur (qui lui aussi était devenu un monstre, soit dit en passant) et je me préparais devant mon miroir en me persuadant d'être la meilleure. Seulement voilà, la psychologie positive a ses limites. Parfois, il nous faut aller plus au fond des choses car la vérité est que je me sentais complètement vidée. 

J'ai aussi mis en place tout un tas de rituels farfelus proches de la superstition... et cette chemise bleue qui m'avait portée malheur lors de cet entretien et bien elle était dorénavant punie et condamnée à rester au fond de mon armoire, hors de ma vue. Je n'étais plus une victime, j'étais désormais névrosée ;)

 

Mais venons-en au positif car vous le savez, en tant que Coach en Développement personnel, je suis une éternelle enthousiaste qui a toujours su accorder de l'importance à son "Soi" même dans les moments les plus durs. "Je vais y arriver" me chuchotait-il.

Après l'acharnement des premiers temps à vouloir "trouver" à tout prix un emploi dans le domaine de la Psychologie du Travail et des Ressources Humaine,  je me suis posée et j'ai cherché à me connecter à mes envies, à mes rêves. J'ai commencé à m'écouter en me coupant du reste : l'authenticité.

Je me suis demandée ce que cette période pouvait bien vouloir me dire. Quel était donc le message caché ? Etais-je en train de faire fausse route ?

La vie est bien faite et le hasard n'existe pas. Mon chemin était ailleurs.

 

Certains amis qui me sont très précieux m'ont aidée à comprendre qui je suis. Je ne les remercierai jamais assez et s'ils me lisent aujourd'hui, ils se reconnaîtront certainement. Là encore, il s'agit d'un véritable bénéfice à tirer du méchant monstre : se recentrer et connaître ses pilers. La remise en question d'abord professionnelle devient une remise en question globale, c'est pourquoi il est important de savoir exploiter ce qui vient à nous, même quand cela fait peur. 

 

Puis un soir, je me sentais triste. La personne qui partage ma vie et qui est sans aucun doute mon meilleur allié m'a posé une question : "Tu n'es pas perdue, qu'aimes-tu faire ? Quelle est ta valeur ajoutée ? Réfléchis". Il était temps que je lâche prise. 

 

 Le projet est né.

 

J'ai toujours voulu créer pour exploiter la part artistique qui est en moi, j'ai toujours voulu apporter mon énergie et la mettre à contribution pour aider les gens. C'était tellement évident et à la fois tellement loin de mon esprit lorsque celui-ci passait son temps à vouloir faire comme tout le monde, faire ce qu'il pensait être "normal" et "bien".  La prise de recul était indispensable et il me fallait sortir de l'émotionnel pour pouvoir faire désormais fonctionner mon cerveau droit.

 

Je suis devenue moi-même ce que je prône aujourd'hui au sein de mon cabinet : une professionnelle passionnée. Je continue d'exploiter mes forces avec beaucoup de plaisir et fais un travail personnel de supervision sur mes faiblesses en parallèle.

 

Avec le recul, j'ai compris qu'en entretien d'embauche, je dégageais une image de moi faussée qui créait une dissonance perceptible aux yeux et aux oreilles des employeurs : je n'étais pas la BONNE personne car en réalité, JE ne voulais pas de tous ces postes. Je remercie les différentes personnes pour leur feedback, je les remercie de m'avoir obligée à creuser davantage à l'intérieur de moi pour exploiter mon vrai potentiel : l'entreprenariat.  

Je suis ambitieuse et non pas carriériste, je l'ai compris.

 

La reconversion n'était pas la solution, en revanche le recentrage beaucoup plus ! Je suis revenue vers l'essentiel : mes diplômes en Psychologie, mon esprit analytique, mon amour pour les gens, ma créativité innée. Et au-delà de cela, un goût pour l'entreprenariat assuré qui répond à merveille à ma grande valeur "liberté". (Parce que finalement nous finissons toujours par revenir vers nos "essentiels",  tous domaines confondus.)

 

Mais si "trouver" l'idée suffisait, ça se saurait me direz-vous ! La conviction et la force d'action font nettement la différence. Autrement dit, il faut "sortir de sa tête pour se mettre en mouvement" pour au moins se renseigner sur les différentes possibilités qui sont à notre portée.

Au delà des pensées, c'est le langage du coeur qui prime : aimer ce que l'on fait et se montrer très généreux.

Sortir de sa zone de confort pour prendre des risques,  perdre ce que l'on possède pour espérer trouver satisfaction dans l'inconnu.

 

Voilà qui est plus difficile. AHHH !!!!! STOP! J'aperçois déjà à l'horizon un nouveau méchant monstre, celui-ci s'appelle la peur !

 

 

Mais Mesdames, Messieurs, avant d'aller plus loin, voici une grande nouvelle : il paraîtrait que les monstres n'existent pas ! Ils ne sont rien d'autre que le reflet imaginaire de nos propres souffrances. Malheureusement, tout le monde sans exception connait plusieurs souffrances qui produisent régulièrement plein de petits monstres.

 

En apprenant à gérer vos émotions, les petites filles et petits garçons effrayés que nous sommes pourront se libérer et faire ce qui est bon pour eux.  

 

Pour ma part, me voilà depuis quelques années avec un joli challenge à relever qui me demande énormément d'enthousiasme ainsi qu'une bonne maîtrise de la fameuse balance "vie professionnelle / vie privée".  Rien n'est jamais acquis !

Je suis fière d'être comme "Madame tout le monde" et d'avoir réussi à dépasser ces peurs pour entreprendre ce qui m'épanouit. Mon "Moi" et mon "Soi" ont fait la paix et font maintenant équipe. Créer un cabinet de Coaching est une énorme source de satisfaction qui correspond à mes valeurs. 

 

C'était le récit de mon histoire personnelle mais il n'y a pas de parfaite situation professionnelle ni de modèle spécifique à suivre, l'idée est simplement d'être en phase avec soi-même.. Si vous ne prenez pas le temps d'écouter ce que votre "Soi" essaye de vous dire, la vie et/ou votre corps se chargeront de vous mettre sur le bon chemin même si parfois la manière semble brutale. 

 

 

 

Quel est donc le message caché de votre situation professionnelle en crise ? N'est-ce pas le moment de creuser au plus profond de vous pour le décoder ? Que ce soit dans l'entreprenariat ou non,  nous avons tous en nous un énorme potentiel à exploiter. Quel est le vôtre ?

 

Creusez, je vous y encourage, plus encore, je vous y accompagne !

 

 

~ Madame tout le monde n'est pas parfaite mais elle est incroyablement vivante ~

 

   - M - 

 

 

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